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BULTACO LOBITO TYPE 127 DE 1974
Jean louis Barrey




J’ai acheté cette Bultaco aux puces moto d’Elbeuf il y a 1 an et demi.
Il faut dire que je cherchais une Sherpa.
Pourquoi une Sherpa? Tout simplement parce que depuis que je suis gamin, j’adore ces motos.
Je devais avoir 15 ou 16 ans et je commençais à être attiré par les motos. J’achetais de temps en temps des magasines comme Moto-Revue que je parcourais avec envie.
Je suis tombé une fois sur un article conçernant les Bultaco Sherpa. Je me souviens qu’à cette époque la plupart des photos étaient en noir et blanc et je ne sais pas pourquoi, mais ces motos me plaisaient énormément.
Le temps a passé, permis voiture, mariage, les enfants et l’idée de posséder une moto m’est un peu sortie de l’esprit.

Et voilà que 30 ans après, le virus refait surface. Je consulte les annonces des revues consacrées a la moto ancienne, bien décider à trouver la perle rare.
Mais la plupart des motos en vente se trouvent le plus souvent en région montagneuse. J’habite en Seine Maritime et le trial y est très peu pratiqué.
Donc, je me rends une première fois aux puces moto d’Elbeuf (à 80 kms de chez moi), sans succès, puis la seconde fois, je trouve enfin une Bultaco. Le vendeur m’assure que c’est un modèle Lobito et qu’il fonctionne très bien. En effet, 2 ou 3 coups de kick font démarrer le moteur qui ronronne correctement.
Le prix affiché est de 840 euros. Je négocie, et fais baisser le prix a 700 euros. On fait les papiers pour la carte grise, je fais entrer difficilement la moto dans le coffre de ma Fiesta et je rentre chez moi sans me douter de ce qui m’attend.
Si je connaissais un peu les Sherpa, ce modèle m’était totalement inconnu.
Je pensais bien que cette moto avait besoin d’une restauration, donc je passe une annonce sur des sites de motos anciennes, demandant des renseignements sur ce modèle.

La première réponse me vient d’un Espagnol qui me conseille quelques sites dans son pays, mais je n’y trouve pas vraiment ce que je cherche.
La seconde personne qui me contacte est un habitant de Thonon les bains, José Péreira, il possède 5 Bultaco et 1 Montesa qu’il a restaurées. Je lui envoie quelques photos et là, le verdict tombe. Je ne pensais pas m’être fais avoir à ce point.
Le réservoir-selle est à redécorer entièrement, les garde-boue ne sont pas d’origine, le feu AR non plus, les amortisseurs sont trop hauts et trop gros et le plus grave, tout l’avant est à changer. La roue, le fourche, le guidon, etc.…
En fait, la fourche avait été soudée sur le cadre donc, celui-ci n’était pas a conserver.
En résumé, seuls le moteur, le réservoir et la roue AR étaient d’origine.

Avec l’aide précieuse de José, je vais mettre environ 1 ans et demi pour restaurer ce Lobito on va faire ce qu’il appelle une « télé-restauration ».
Semaine après semaine, il va m’inonder de documents, photos et conseils en tout genre, m’indiquer des sites ou trouver des photos et schémas. Car je tiens à restaurer ma moto comme a l’origine.
Je vais acheter un cadre, une fourche, une roue, un guidon, une béquille et un kit de joints moteur chez Pierre Escuyer a Reims ; grand spécialiste Bultaco.
Ensuite je commande en Espagne les pièces plus petites et neuves comme le feu AR, les garde-boue, les amortisseurs, le silencieux, le tendeur de chaîne, les boutons de coupure-moteur et komodo.
Bien sur, toutes ces pièces ont augmenté le prix. J’estime à plus de 1600 euros le coût total de cette restauration prix d’achat de la moto compris.
 
Voilà donc la petite histoire de cette restauration en photos :
 
Tout d’abord ses caractéristiques :
 
Bultaco Lobito MK7
1974
125cc
11,6cv
5 vitesses
Trial
Particularité: commandes inversées (frein à gauche, sélecteur à droite)
Produit à 826 exemplaires de 73 à 74
184
ème modèle de la marque
 



La moto lors de son achat
 
 
La première chose a été de démonter les pièces d’origine à conserver

Le nouveau cadre :
complet mais entièrement à démonter et repeindre


 

Après démontage, le cadre est décapé à la brosse métallique ronde montée sur une perceuse, ensuite, une couche d’apprêt, 2 couches de peinture gris métal et une couche de vernis.

La fourche est démontée entièrement, remontée avec des joints SPI neufs et le plein d’huile est fait.


Remontage de la fourche sur la cadre :
Le moteur :

Celui ci étant en bon état de fonctionnement, je démonte juste la culasse et le cylindre pour un bon décalaminage.

Ensuite du Belgom alu et de l’huile de bras pour le faire briller.




Le réservoir-selle :

Pour cette partie, ce sera surtout un travail de patience.
Toute la déco est a refaire, la fibre est craquelée et la housse de selle est en mauvais état.
La fibre :
Elle est craquelée de chaque coté de la selle, donc je gratte un maximum afin de mettre la fibre a nu sur une bonne surface.



J’achète un kit de réparation fibre pour bateau. Celui-ci est composé de tissus de fibre de verre, de résine et de durcisseur.
Commencer par découper des bandes de tissus couvrant largement les fissures a combler.
Ensuite préparer la résine avec le durcisseur en petites quantités, enduire le réservoir d’une couche grasse de résine, poser le tissus en l’enduisant a nouveau pour qu’il soit noyé de résine. Procéder ainsi sur 3 ou 4 couches.



Laisser sécher une bonne journée, couper et limer l’excédent de fibre
Ensuite préparer l’enduit avec son durcisseur et égaliser les défauts

 

Dès que l’enduit est sec, poncer au papier de verre fin et au papier carrosserie n°400



Ensuite, j’ai enlevé tous les autocollants (que j’avais déjà refait) et j’ai poncé entièrement le réservoir afin de le repeindre.
J’ai mis 3 couches de peinture en bombe en laissant bien sécher entre chaque couche. J’ai eu quelques difficultés pour obtenir un brillant uniforme, donc je lui ai passé une couche de lustrant pour carrosserie.
Ensuite, j’ai refais les autocollants sur ordinateur. Il faut pour cela un logiciel de dessin vectoriel (Designer, Illustrator ,etc.), insérer une photo de la moto, la mettre a l’échelle et recopier le dessin. Imprimer le dessin sur autocollant transparent et remettre une seconde couche vierge pour la protection.
Les parties bleu clair et bleu foncé sur faites avec de l’adhésif type Vénilia.
Pour refaire la selle, j’ai décousu l’ancienne, réalisé un patron en recopiant chaque morceau et cousu l’ensemble à la main (3 heures). Le logo Bultaco blanc a été fait avec un pochoir.
 

 
Ouf !


Le remontage 
:

Les pièces en acier sont décapées en recouvertes d’une couche de verni. La chaîne mise à tremper dans du gas-oil afin de lui redonner sa souplesse.
 
 
 










Encore quelques petits efforts :

A ce stade, la fibre et la selle ne sont pas encore refait et les amortisseurs commandés en Espagne ne sont pas arrivés.
 


Elle a un peu changé...





Je tiens à préciser que avant de commencer cette restauration, je n’étais jamais monté sur une moto et je n’avais jamais touché a la mécanique.
 
Remerciements :
Je tiens a remercier particulièrement José Péreira, mon Maître, conseiller et ami virtuel sans qui, j’aurais mis 10 ans pour réaliser cette restauration.
Dorothée, amie passionnée de mécanique qui m’a aidé a faire briller les alu et qui a repeint le cadre.




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